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***Or brut à Ivry-sur-Seine : quand une ancienne fonderie devient le temple de l’art underground

Dans une rue ordinaire d’Ivry-sur-Seine se cache un lieu qui resplendit d’un éclat singulier, un écho contemporain à l’or que l’on y coulait autrefois. Bienvenue dans cette ancienne fonderie désaffectée, métamorphosée en un laboratoire artistique hors norme.

 

 

Les dénicheurs de cathédrales industrielles

Derrière cette aventure, on trouve deux frères : Amar et Ilies Issiakhem. Entrepreneurs innés, ils parcourent depuis dix ans la région à la recherche d’usines abandonnées et de friches industrielles. Leur spécialité ? Tisser des partenariats audacieux avec des producteurs de cinéma, des photographes, des créateurs de mode et des artistes de tous horizons.

Tous viennent chercher ici la même chose : des espaces bruts, des volumes monumentaux et des hauteurs sous plafond vertigineuses. Mais au-delà des volumes, c’est l’âme du lieu qui fascine. Ces murs portent encore la charge du labeur passé et racontent, à leur manière, les transformations de notre monde. C’est précisément cette mémoire ouvrière que les artistes cherchent à réveiller.

 

La Chapelle Sixtine en street art

Les producteurs de séries télévisées ne s’y sont pas trompés : ici, le décor existe déjà, vibrant de réalisme. Les fans de séries reconnaîtront d’ailleurs immédiatement les lieux. C’est entre ces murs que l’artiste Pascal Boyart (alias Pboy) a peint sa monumentale fresque The Underground Sistine Chapel, une réinterprétation magistrale et moderne du chef-d’œuvre de Michel-Ange, qui semble veiller sur le site.
 

Les mystères du sous-sol : une immersion sensorielle

Le voyage ne s’arrête pas à la surface. Le lieu abrite une richesse insoupçonnée dans ses sous-sols — un refuge idéal pour les amateurs de fraîcheur et de curiosités.

En s’enfonçant dans les profondeurs de l’ancienne usine, on découvre un parcours d’œuvres lumineuses et hautement créatives. Le visiteur déambule entre des installations surréalistes : un « data center » fait de livres, un aquarium peuplé de personnages mousseux, ou encore une méduse captive dans un four à micro-ondes, non loin de délicates fleurs d’épingles. Pour prolonger l’expérience, de confortables fauteuils invitent à se poser pour visionner un film étrange aux visages lisses et hypnotiques.

 

« Ghetto001 » : l’art émergent à l’honneur

Ce week-end, la fonderie vibre au rythme de Getto001, un événement sur trois jours organisé en collaboration avec les Beaux-Arts de Paris. Si l’on peut regretter qu’aucun nom ne signe individuellement les œuvres exposées, le savoir-faire affirmé et le talent éprouvé de ces jeunes artistes sautent aux yeux.

Au comptoir, Amar nous accueille chaleureusement. Il nous explique que le lieu vit à l’année : de nombreux artistes y sont en résidence et une scène avec cyclo y a même été aménagée pour les tournages. Rien ne semble altérer l’optimisme des deux frères, pas même les caprices du temps :

« La pluie qui s’infiltre par endroits à travers la verrière cassée fait partie de la beauté du lieu et de sa richesse », confie Amar avec un sourire. Une poésie brute, qui rappelle la valeur de l’or.

 

Un incroyable défi de cohabitation artistique

Réussir à faire vivre un tel lieu est un tour de force. C’est un défi incroyable de parvenir à associer et faire cohabiter des artistes aux compétences et aux univers si divers. Sous le même toit, le gigantisme des fresques picturales monumentales et la force des œuvres sculpturales côtoient la poésie d’installations petites, fines et minutieuses, tout en s’harmonisant avec les arts audiovisuels. Cette synergie des contrastes fait toute l’identité de la friche.

 

Une aventure qui ne fait que commencer

Complémentaires, les deux frères unissent leurs forces : l’un est lui-même artiste diplômé des Beaux-Arts, l’autre possède la fibre entrepreneuriale. Ensemble, ils partagent une passion dévorante pour l’art et ne comptent pas s’arrêter là. Leur projet ? Dupliquer cette approche unique dans d’autres friches en France et en Europe, en créant à chaque fois des synergies originales avec les structures artistiques locales.

Une chose est sûre : nous continuerons de suivre les frères Issiakhem de très près. Car avec eux, l’aventure et le plaisir ludique de la découverte ne s’arrêtent jamais !

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