Avec : Élodie Lordet, Pierre Lordet, Nicolas Lopez, Elisabeth Renau et François Vinoche
On est arrivées là par hasard. Mais était-ce vraiment le hasard ?
En arrivant au festival, complètement en retard, la sanction est tombée : portes closes au 440 la. Résultat, nous voilà contraintes d’improviser et de nous rabattre à l’arrache sur le spectacle suivant au théâtre L’Arrache Cœur. Dans ce lieu aux trois salles, la programmation est résolument musicale. À l’affiche : « No Made », un concert de folk à la bougie. Pourquoi pas ? Face au tapage visuel et à la surenchère d’affiches qui caractérisent Avignon, leur communication est d’une sobriété rafraîchissante.
Ce qui devait être une solution de repli s’est rapidement transformé en une magnifique surprise. Nous qui étions là par pur coup du sort, nous avons fini par croire à notre bonne étoile. Après tout, pourquoi vouloir tout régler et tout planifier ? La vie réserve parfois de bien meilleures pépites quand on se laisse porter !
Une richesse instrumentale devenue rare
Sur scène, cinq musiciens nous font face. Par les temps qui courent, voir une formation aussi généreuse devient rare à Avignon en raison de la crise. La scène déborde d’instruments, principalement à cordes et à percussions, mais aussi de quelques curiosités acoustiques qui attisent immédiatement la curiosité :
Les classiques et les rythmées : Violon, alto, violoncelle, guitare, guitalélé, batterie, percussions, carillon, clarinette basse et footbass.
L’accordéon de foire : Un instrument rappelant le son nostalgique d’un orgue de barbarie, qui s’avère être un harmonium.
Les instruments à tuyau et clavier : Évoquant le timbre envoûtant d’une cornemuse, il s’agissait de mélodicas.
Poésie, bougies et reflets d’argent
Le décor, minimaliste et chaleureux, repose sur un éclairage exclusivement joué à la bougie. En fond de scène, un paravent argenté capte les lueurs dansantes et offre de très jolis reflets féeriques.
Au-delà de la virtuosité instrumentale, l’ensemble des chants s’est révélé être une immense réussite. Interprétés pour la plupart par Élodie Lordet, ils s’unissaient pour former des chœurs d’une profonde émotion, vibrant en parfaite harmonie avec la musique.
Sur cette toile sonore, les voix portent les magnifiques textes de Pierre Dodet en forme de balades. Remplis de poésie, de jeux de mots subtils et de détours malicieux autour des dictons populaires, ses mots touchent juste. Le groupe nous annonce un répertoire « rangé sauvage », pensé pour évoquer la vie, son bricolage quotidien, la magie de la nuit et, bien sûr, la part des rêves.
Une véritable quête vers l’apaisement et l’admiration de la nature. Bref, un moment plus qu’« à propos ».
Chaudement applaudi par une salle conquise, le groupe nous a laissé un souvenir impérissable. Une chose est sûre : le hasard a parfois un talent fou.
Rosi et Martine