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*****A propos du Festival du film MEGA-court de Rombas, en hommage à Samuel Paty.

Critique de Gérard Noiriel

 

Rombas est une petite ville de Moselle située dans une vallée industrielle confrontée depuis les années 1960 à la crise de la sidérurgie lorraine et au déclin de sa population. En 2021, pour honorer la mémoire de Samuel Paty, les enseignants et les élèves de la cité scolaire Julie-Daubié de Rombas ont décidé d’organiser un «  festival du film citoyen MEGA-court  ». Le projet reposait sur la conviction que la meilleure réponse à la barbarie était de favoriser la culture, la création et l’éducation à la citoyenneté. Les élèves ont été invités à réaliser des films «  méga-courts  » (pas plus de 3 minutes) sur le thème «  liberté, égalité, fraternité  ». Suite au succès qu’a connu d’emblée ce projet, il a été reconduit d’année en année. Après l’Environnement (2022), l’Ailleurs, (2023), les Mémoires (2024), les (R)évolutions (2025), c’est le thème du «  Passage (Pas-sage)  » qui a été retenu en 2026. Le jeu de mots avait pour but d’inciter les élèves à proposer des projets susceptibles d’évoquer les multiples dimensions que peut comporter l’expérience d’un «  passage  » d’une condition, d’un lieu, d’un moment à un autre, tout en invitant les participants à faire preuve d’impertinence («  pas-sage  ») en maniant l’humour et la dérision. Le festival, désormais ouvert aussi aux collèges de Rombas et des environs, a massivement mobilisé la communauté scolaire puisque plus de 200 films méga-courts ont été réalisés avec un téléphone portable émanant des 1200 collégiens et lycéens du secteur.

La cérémonie de remise des prix a eu lieu cette année le 2 juin 2026, en présence des élèves, des enseignants et des membres du jury. Quarante-sept élèves ont été primés, dans les 4 catégories de films qui avaient été définies au préalable («  Intercollèges  », «  Fiction  », «  Créatif  » «  Documentaire  »). Les lauréats ont su traiter avec émotion et humour les diverses formes de passages souvent ancrées dans leur propre expérience vécue : l’immigration vue dans la relation entre le pays d’origine et le pays d’accueil, l’angoisse de l’avenir pour des lycées confrontés aux aléas de Parcoursup, les troubles identitaires de l’adolescence, etc. Le prix spécial du jury a été décerné à un petit film intitulé Ananké, centré sur le passage de la vie à la mort, en partant du mythe grec de l’obole de Charon (la pièce de monnaie placée dans ou sur la bouche d’un mort avant l’enterrement). 

Plusieurs centaines d’élèves impliqués dans le festival du film MEGAcourt ont pu ainsi dessiner, écrire des textes, imaginer des scénarios, les filmer, et composer des musiques. Alors que les 

programmes officiels sont surtout focalisés sur la transmission des connaissances, des projets comme celui-ci redonnent toute sa place à la création  ; ce qui contribue à souder la communauté éducative, en renforçant les liens entre les enseignants et les élèves. 

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