Du 05 mai. au 24 mai. 2026
Au Théâtre de la Tempête, l’actualité judiciaire ne se traite pas au tribunal, mais sur une tournette magique. Tous coupables sauf Thermos Grönn n’est pas une pièce de théâtre classique ; c’est une performance allégorique, une déambulation visuelle qui transforme la fuite de l’ex-magnat de l’automobile en une épopée absurde et grinçante.
Une esthétique entre BD et Avant-garde
Le spectacle frappe d’abord par sa dimension plastique. La scénographie, tournant sans fin, offre des tableaux d’une grande force picturale qui rappellent les expérimentations des peintres-scénographes du début du XXe siècle.
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Les personnages : Affublés de postiches et de costumes outranciers, ils cessent d’être des humains pour devenir des marionnettes de bande dessinée ou des figures sorties d’un Ubu Roi moderne.
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L’ambiance : On navigue entre le théâtre de l’absurde à la lonesco et une satire féroce où le tragique se dilue dans le grotesque.
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La Langue : Du « Pisseport » au « Mur » de la mort
Le texte est une véritable curiosité. En jouant sur les « coquilles » volontaires et les glissements sémantiques, l’auteur installe une mise à distance permanente :
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On ne « fait » plus, on « foirre ».
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Le « passeport », sésame de la liberté, devient un dérisoire « pisseport ».
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Même la fin de vie est détournée : on ne meurt pas, on « mûrit », faisant de la mort un « mur » infranchissable.
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J’ai adoré le travail plastique, les costumes et les postiches
Au Théâtre de la Tempête- salle Adrien
Du 5 au 24 mai 2026
Du mardi au samedi à 20h30
Et Dimanche à 16h30
Durée estimée : 1h05
Texte : Romane Nicolas
Mise en scène : Sacha WILMAR
Avec Fanny COLNOT, Étienne GUILLOT, Véronique MANGENOT et Sacha WILMAR
Comédie d’un genre ubuesque, exaltant tout autant la folie du genre humain que le merveilleux de l’existence !
L’originalité de cette mise en scène et la qualité des décors sont tout à l’honneur de Sacha Vilmar qui, ici, accompagné de sa compagnie, vient à révéler avec humour les travers égoïstes d’une société amorale dénuée de bonne conscience.
Se pourrait-il que l’on ait perdu de vue les fondements de l’existence et que l’on ne sache plus appréhender ni apprécier avec clarté les issues de nos conduites ?
Cette interpellation quelque peu clownesque ne manquera pas de surprendre et de prendre de court l’ensemble de la salle.
Belle et réjouissante course-poursuite en définitive !
Critique: Aurélie Courteille